Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je suis Benoit FERNANDEZ-RIOU, spécialiste du Forex.
Quel est votre parcours professionnel?
Au quotidien j’interviens dans le cadre de divers projets informatiques en tant que consultant chez Steria, au sein de la division tertiaire qui regroupe les pôles banques/finances/assurances, et parallèlement à cela j’ai une activité concernant le marché des devises.
Pouvez-vous nous présenter votre rôle dans le marché des devises étrangères?
Outre le fait d’intervenir en compte propre, j’ai avant tout un rôle actif dans la démocratisation de ce marché qui est aujourd’hui accessible à tous, et qui mérite je pense d’être encore plus connu qu’il ne l’est actuellement en regard de ses nombreux avantages et spécificités. Concrètement je dispense régulièrement des formations et j’interviens lors de conférences sur le sujet. De plus j’ai récemment écrit un livre d’initiation qui s’intitule « LE FOREX : Introduction au marché des devises » ed. Gualino (2009).
Pouvez-vous nous décrire les sujets que vous aimez traiter en ce qui concerne le marché du Forex ?
Le marché des devises permet une grande polyvalence quant aux sujets qui peuvent être traités. Par exemple le rôle de l’analyse fondamentale prend tout son sens sur ce marché mondial qui oblige l’intervenant à s’intéresser un minimum aux principes macroéconomiques et géostratégiques qui peuvent exister entre les zones économiques et les pays. Mais le Forex c’est aussi un marché très technique qui réagit bien aux lignes de tendance, supports, résistances et autres indicateurs. J’aime particulièrement ce mélange entre les deux façons d’analyser ce marché, le fondamental interagissant avec le technique. Il y a également toute la partie historique du marché des changes en lien étroit avec l’histoire des monnaies, que j’aime particulièrement développer car cela rappelle combien ce marché a ses racines ancrées dans l’histoire des civilisations, on y comprend son utilité au quotidien et on y apprend sa lente évolution au fil du temps. Mais le sujet que j’affectionne le plus est l’approfondissement de ses nombreuses caractéristiques et spécificités qui font de lui un marché d’exception aux nombreux avantages ; avantages qui m’ont séduit.
Quel type de d’élèves ciblez-vous en général lors de vos formations ?
Je m’adresse essentiellement au grand public et aux investisseurs particuliers qui souhaitent soit diversifier leur portefeuille, soit couvrir leurs positions contre les effets de change, soit pouvoir spéculer purement et simplement sur un marché un peu plus « sportif » que celui des actifs traditionnels. Cependant lors de mes formations j’ai parfois le plaisir d’accueillir des gérants de fonds ou des trésoriers d’entreprises.
Sur le marché des produits éducatifs du Forex, quels sont vos principaux concurrents ?
Avec 2 000 à 3 000 Milliards de Dollars échangés chaque jour, le Forex est le plus grand marché du monde accessible à tous, et pourtant il reste encore aujourd’hui le marché le moins connu du grand public. Le chemin qu’il reste à parcourir pour le démocratiser complètement est loin d’être achevé, ainsi je pense que tout ce qui peut contribuer à aller dans ce sens est bon. Le nombre de livres en français disponibles à ce jour sur le sujet peut se compter sur les doigts de la main, et le nombre de formations dispensées à travers le pays sur le marché des devises reste anecdotique en regard de l’immensité du marché, on ne peut donc pas vraiment parler de concurrence à ce jour concernant les produits éducatifs, car tout reste à faire encore, le potentiel est immense et nous sommes encore très loin de la saturation. Par contre du côté des brokers au niveau mondial la concurrence est déjà un peu plus soutenue, car il en existe de nombreux et certains mettent réellement de gros moyens sur le marketing et la communication.
Quels est votre méthode dans votre manière d’aborder le Forex ?
Ma méthode est, du moins je l’espère, suffisamment pédagogique pour permettre à mes interlocuteurs de comprendre le sens, l’intérêt et les mécanismes de chaque notion abordée. Etant consultant par ailleurs, j’ai une certaine vision de ce métier qui est que nous devons réussir à rendre simple et compréhensible des sujets qui sont complexes par nature. Par exemple je pense que lorsque deux personnes communiquent, l’une expliquant quelque chose à l’autre, nous avons toujours tendance à uniquement penser que si la personne qui reçoit ne comprend rien cela est certainement du a son manque de capacité. Mais cela n’est souvent vrai qu’à moitié car trop fréquemment nous oublions que l’autre moitié du problème peut également venir de l’émetteur qui n’arrive pas à rassembler ses idées pour transmettre les informations de manière claire, précise, concise et surtout ordonné d’une façon qui va permettre au récepteur de suivre un fil conducteur sur le sujet.
Quel est votre opinion concernant les conséquences de la crise financière sur le marché du Forex ?
Il y a tant de choses à dire sur ce sujet. Je vais essayer de résumer ma pensé. Tout d’abord la principale conséquence, qui n’est pas une opinion mais un fait, est que nous avons vu la volatilité du marché augmenter de façon inédite depuis que l’Euro a été créé. L’importance de l’analyse fondamentale a également vu sa pondération croitre face à l’analyse technique. Les conditions ont donc changé et il est nécessaire de s’adapter. Quant à mon opinion, je pense personnellement que le risque principal des conséquences de la crise sur le marché des devises est l’amnésie que peuvent avoir certains acteurs qui prônent un peu hâtivement un retour à des systèmes de changes déjà testés par le passé et qui n’ont pas réellement donné sur le long terme toutes les satisfactions qu’on leur prêtait à l’époque de leur mise en place, je veux évidemment parler de ceux qui plaident en faveur d’un retour au système étalon-or ou pire encore étalon-change-or. D’ailleurs aujourd’hui le fait que le Yuan soit maintenu artificiellement par les autorités chinoises en parité fixe avec le Dollar américain revient à considérer que la monnaie chinoise est finalement resté coincée dans un système similaire à celui des vieux accords de Bretton Woods, et pourtant nous entendons régulièrement ces mêmes autorités chinoises s’en plaindre. Et c’est bien normal puisque des zones économiques qui progressent à des rythmes différents doivent nécessairement voire leurs taux de changes suivre ce différentiel de croissance économique, c’est simplement le bon sens, et si on n’est pas d’accord avec cela, ce n’est pas un retour aux systèmes étalons qu’il faut demander mais plutôt un système de monnaie unique, comme ce que nous avons fait en Europe il y a maintenant une dizaine d’années. Evidemment une monnaie unique n’est pas la solution à tous les maux car cela n’empêcherait nullement la formation des bulles spéculatives, et la succession de crises, mais au moins cela permet d’atténuer les conséquences en diluant les effets néfastes sur plusieurs pays. Par exemple si l’Islande était entrée dans la zone Euro avant la crise, celle-ci aurait mieux résistée au choc et les Islandais n’auraient pas perdu la moitié de leur pouvoir d’achat face au reste du monde en quelques semaines, tandis que de notre côté nous aurions certainement une monnaie européenne qui se serait à peine plus dépréciée face au Dollar. Cependant n’oublions pas que l’idée d’une monnaie unique se heurte à la résistance d’arguments souverainistes, et nécessite en pratique une rigueur très forte dans la gestion locale, car sans rigueur c’est au niveau de la dette que les problèmes sont reportés.
Quelle est votre actualité ? Quels sont vos projets ?
Côté actualités, notez que je vais bientôt participer à une conférence dans le cadre de l’université d’été de Pro-AT le Samedi 30 Mai 2009 à 11h30 au Futuroscope de Poitier (renseignements et inscriptions sur http://www.pro-at.com/rencontres/universite-ete-2009/). J’interviendrais une heure concernant le Forex pour expliquer la façon de dompter le fort effet de levier qui existe sur ce marché. Cet effet de levier qui fait la joie de certains traders est aussi ce qui fait peur à d’autres intervenants, et je pense que si l’on maitrise cette notion alors le Forex redevient un marché pas plus dangereux qu’un autre, au contraire même...
Merci pour votre temps.