par Sébastien Duhamel
Le constat est alarmant
Développement des bioénergies oblige, l'Europe serait menacée par une pénurie de bois en 2020, selon un colloque organisé récemment par l'université de Frisbourg en Allemagne. En effet, loin devant l'énergie éolienne ou photovoltaïque, le bois représente la plus ancienne et la plus importante des énergies renouvelables.
Un marché vital
Le secteur des produits forestiers représente 1% du PIB mondial, et un marché de plus de 200 milliards de dollars, avec des débouchés dans la construction, l'ameublement, l'emballage, le papier et l'énergie...
Une demande tirée par l'Asie
On distingue deux grands types de bois : tempérés et tropicaux. Pour les bois tempérés, les plus grands producteurs sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Canada, et pour les tropicaux, l'Indonésie, le Brésil ou l'Inde.
La demande est tirée par l'Asie à plus de 40%, Chine et Japon en tête. La Chine joue donc un rôle central sur ce marché, à la fois importateur de grumes (troncs ébranchés avant transformation), et premier exportateur, en particulier sous forme de mobilier, devenue l'usine à bois de la planète.
La vague verte en soutien
La demande est soutenue en premier lieu par les pays émergents, mais également par les préoccupations concernant l'environnement dans les pays développés, les plans de relance ayant favorisé la filière, pour des constructions plus écologiques. Autant de facteurs qui soutiennent les prix récemment, comme nous le verrons avec l'analyse ci-contre de l'indice Lumber coté à Chicago, la référence sur le marché.
Déforestation
Pourtant, il y aurait de quoi s'interroger sur les effets pervers de ces constructions "écologiques", qui mettent l'offre de bois sous pression, à l'heure d'une déforestation de plus en plus inquiétante.
Au rythme actuel, seule la Russie possèderait une vingtaine d'années de réserve. Peut-être plus encore que pour le pétrole, la gestion de nos ressources en bois pour éviter la pénurie est donc un enjeu majeur des prochaines années.
Que nous dit l'analyse graphique ?
Un potentiel exceptionnel à long terme.
Evolution de l'indice Lumber coté à Chicago
Un marché à part
L'indice de référence dans le monde pour le marché du bois est l'indice Lumber du Chicago Mercantile Exchange. Il cote en dollars pour 1000 "board feet", soit environ 4,5 mètres cube. Contrairement à la majorité des matières premières qui ont connu un plus haut en 2008, celui du bois date de 2004. Cela nous suffit à comprendre que ce marché suit un cycle qui lui est propre.
Ainsi, il faut avoir à l'esprit qu'alors que les marchés actions et les matières premières progressaient entre 2004 et 2007, le bois était en pleine correction.
Une tendance forte
Depuis son point bas de mars 2009 à 138 $, le bois a plus que doublé. Il a surtout accéléré de façon spectaculaire en novembre 2009, alors que les marchés actions commençaient à marquer le pas, dépassant l'oblique baissière qui lui barrait la route ces dernières années, par un gap haussier de près de 10% au-dessus des 200 $.
Ensuite, il est revenu tester ce niveau de support en début d'année, où les acheteurs se sont manifestés avec force, en bas d'un canal ascendant désormais en place. Les indicateurs mathématiques confirment cette dynamique haussière en cours, en particulier le RSI à 14 semaines sur notre graphique, qui se maintient au-delà d'une droite de tendance support proche du niveau des 55.
Quelle stratégie pour les prochains mois ?
On profitera donc d'une consolidation à court terme proche du bas de notre canal, autour des 265 $, pour acheter du bois et viser dans un premier temps les 330 $, ancien point haut de novembre 2007, qui pourrait entraîner une consolidation à court terme.
Puis, en dépassement des 330 $, aucun obstacle sérieux ne paraît en mesure d'arrêter la progression des prix avant le zénith de 2004 à 460 $, où l'on prendra des bénéfices.