Tout compte fait, la semaine qui s'achève aura été une semaine de transition sur beaucoup de paires de devises et sur les indices boursiers.
Le monde de la finance hésite tout à coup entre les liquidités qui s'amoncellent et la prise de conscience qui émerge peu à peu que l'avenir économique ne sera peut être pas aussi rose que prévu.
Le dollar américain a commencé la semaine en baisse, pour la finir en se rétablissant, poussé par une inflation qui bondit de 0,6% au mois de mars pour se porter à 2,7% en rythme annuel. L'arroseur commencerait-il à être arrosé ? La FED va-t-elle pouvoir continuer à inonder impunément les marchés et ne va-t-elle pas elle aussi être amenée à augmenter les taux d'intérêt ? C'est sans doute ce que pensent un certain nombre d'investisseurs qui ont remis le billet vert dans le sens de la hausse.
L'économie chinoise est restée en forme en ce 1er trimestre 2011, mais l'augmentation inexorable de l'inflation désormais à 5,4% en rythme annuel par rapport aux 4,9% du mois précédent inquiètent les marchés. La Chine devra probablement encore augmenter ses taux au risque de refroidir sa croissance.
Quasiment imperturbables les monnaies océaniques qui continuent leur chevauchée, surtout le dollar néo-zélandais poussé par une inflation qui semble en pleine accélération, malgré une croissance en berne.
Cependant les premiers signes de crispation des marchés ont été donnés par l'augmentation des monnaies refuges, le franc et le yen. C'est très surprenant pour le yen alors que le Japon n'en a pas encore terminé avec la catastrophe nucléaire et va faire face à une récession marquée dans les trimestres qui viennent.
Autres signes de méfiance, la hausse la semaine passée de l'once d'or qui a frôlé les 1500 $ et de l'once d'argent à presque 43 $, alors que les autres matières premières, minières et alimentaires, étaient plutôt en net repli.
Les réponses vont sans doute venir des marchés boursiers. Nous avons démarré la période des résultats du 1er trimestre 2011, et surtout, entreprise par entreprise, des perspectives pour l'année en cours.
Loin des discours, des déclarations et des rodomontades des politiques et des officiels qui sont en ce moment plus adeptes de la méthode « Coué » que d'une attitude réaliste, les perspectives des entreprises, une fois tous les secteurs agrégés, constitueront un excellent thermomètre économique pour les mois à venir.
Les indices boursiers, cette semaine sur la réserve, seront donc à suivre attentivement.
Les grandes interrogations du moment sont liées à l'augmentation du pétrole et combien son prix va-t-il peser sur la croissance, à la récession japonaise et à son influence sur la croissance économique mondiale, à la multiplication des mouvements insurrectionnels, et à la fin programmée des « États Providence » qui a force d'avoir dépensé sans compter croulent désormais sous les dettes.
Et surtout, à l'augmentation de l'inflation.
Cette semaine les statistiques en matière d'inflation seront donc les principaux indicateurs de marché.
C'est la Nouvelle Zélande qui ouvrira le bal lundi 18 avril. L'inflation y est attendue à 4,6% en rythme annuel en progression de 0,6% par rapport au mois précédent. Des résultats au moins égaux aux attentes devraient alimenter le rallye haussier de la monnaie, notamment contre le dollar américain. Nous avons recommandé l'achat sur la paire Nzd/Usd depuis plus d'une semaine.
Mardi 19 avril, ce sera au tour du Canada, où l'inflation est là aussi attendue en augmentation de 0,6% pour se porter à 2,8% en rythme annuel. Le dollar canadien déjà renforcé par les cours élevés du pétrole, pourrait à nouveau subir un accès de fièvre, porté par une spéculation sur une hausse de taux d'intérêt à venir.
Mercredi 20 avril, ce seront les prix à la production en Allemagne qui seront à suivre. Le consensus économiques les attend à 6,6% en augmentation de 0,2% en rythme annuel.
Par ailleurs, nous aurons lundi 18 avril l'indice de confiance des consommateurs en zone euro.
Mardi 19 avril nous serons attentifs aux minutes de la banque d'Australie et à ses perspectives économiques, à l'indice de confiance des consommateurs japonais (cela risque de faire mal !), à l'indice de confiance des directeurs d'achat en zone euro attendu en décru, et aux premières statistiques sur l'immobilier américain pour le mois de mars.
Mercredi 20 avril, nous découvrirons les minutes de la décision de relevé de taux britannique pour le mois de mars. Leur lecture va-t-elle relancer une spéculation sur la livre sur une éventuelle augmentation des taux au mois de mai ? En provenance des États-Unis nous aurons ce même jour d'autres statistiques sur l'immobilier, qui reste de loin le point noir de l'économie américaine.
Jeudi 21 Avril, l'attention sera portée sur les ventes de détail en Grande Bretagne et au Canada, et sur les chiffres hebdomadaires de l'emploi aux États-Unis.
Vendredi 22 avril, pour cause de Vendredi Saint, tous les marchés boursiers étant fermés, il faut s'attendre à une journée très très calme.
Bonne semaine de trading à toutes et à tous.

