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25/05/2012 19:52 GMT
 
 
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L'off-shore américain dans le collimateur

Par   |  Aperçu du Marché  |  14/06/2010 09:04 GMT  |  Ajouter un Commentaire
 

La politique énergétique de Barack Obama vient de se noyer dans le Golfe du Mexique.

Le président américain avait profondément transformé la politique énergétique de son pays. En parallèle du volet environnemental, cette politique tendait à réduire la dépendance énergétique américaine, en relançant l'exploration du pétrole américaine. La catastrophe dans le Golfe du Mexique risque d'amener à une réorientation de cette stratégie.

Les nouvelles pistes d'investissements ne profiteront qu'à certaines compagnies. Suivez le guide !

Une autre politique énergétique
Dès 2009, les démocrates avaient pris leur distance avec l'ère Bush. La forte présence militaire au Moyen-Orient, afin de sécuriser les approvisionnements énergétiques, était critiquée du fait de son coût économique et médiatique.

Les démocrates ont décidé de réduire et de diversifier les importations de pétrole. Deux axes :

- Relancer des énergies renouvelables
En janvier 2009, Barack Obama a annoncé un important plan de financement des énergies renouvelables. L'objectif est de redonner aux Etats-Unis le leadership de la lutte contre le réchauffement climatique, et accessoirement de rattraper le retard sur la recherche chinoise dans ce domaine.

- Explorer les côtes américaines
Obama avait l'intention de relancer l'exploration. Le principal espoir résidait dans les réserves off-shore du plateau continental de l'Atlantique. Les côtes américaines, au large de la Floride et de la Géorgie, pourraient abriter 3,8 milliards de barils, selon l'IHS-Cambridge Energy Research Associates. Obama avait annoncé la relance de l'exploration fin mars 2010, visant à autoriser le forage dans cette zone.

Mais la fuite dans le Golfe du Mexique est venue contrarier les plans démocrates.

Le "Tchernobyl américain"
La catastrophe risque d'affecter les majors fortement impliquées dans le Golfe, comme BP, Chevron ou Shell (renforcement des règles de sécurité donc des coûts d'exploitation).

Mais plus encore, c'est la politique énergétique qui pourrait pâtir de la catastrophe.

Un moratoire sur l'exploration ?

La marée noire a déjà eu des conséquences. Arnold Schwarzenegger et Charlie Crist, respectivement gouverneur de Californie et de Floride, viennent de retirer leur soutien à de nouveaux forages le long de leurs côtes.

Au niveau fédéral, le projet de loi sur l'énergie et le changement climatique, le "American Power Act" a été modifié en catastrophe. Principaux changements : Les possibilités de forage off-shore seront plus sévèrement encadrées, et les profits des majors davantage taxés. Le président américain vient en outre de prolonger de six mois le moratoire sur les projets off-shores.

Le salut ne viendra pas du renouvelable

La différence entre l'atome et le pétrole, c'est que le pétrole est difficilement substituable, en particulier pour le transport (pas encore nous répondrait Toyota). Or le transport, c'est le talon d'Achille des Etats-Unis. Dans les années à venir, les Etats-Unis devront nécessairement compenser les barils perdus de l'off-shore.

Les Etats-Unis devront externaliser les risques !
Faisons un peu de Realpolitik : l'off-shore continuera à faire peur...aux Etats-Unis.

Voilà pourquoi le pays risque de se tourner dans les mois qui viennent vers de nouveaux producteurs. Les compagnies les plus rapides auront l'opportunité d'investir avec la bénédiction de Washington.

Comment profiter de cette anticipation ? Petit tableau des pays en vogue chez les pétroliers :

Le Golfe de Guinée, le deuxième Golfe
A mes yeux la seule région où les compagnies peuvent encore briller !

Ses ressources pétrolières, de l'ordre de 4% des réserves mondiales, n'ont rien à voir avec celles du Moyen-Orient. Mais la faible consommation nationale place l'Afrique en troisième position parmi les exportateurs mondiaux.

Les Etats-Unis déjà très présents
La région représente déjà 15% des importations américaines de brut. Cette zone de production présente le double avantage d'être proche géographiquement du marché américain, et de réduire la dépendance américaines vis-à-vis du Moyen-Orient.

Le pétrole est cher à extraire (off-shore à 1 300 mètres), mais il est de bonne qualité et abondant. Signe de l'engagement américain dans la région, le gouvernement espère faire passer les importations de 15% à 25% d'ici 2020.

Les pétroliers ont les mains libres
L'endettement de ces Etats est tel qu'ils ne peuvent pas de se financer sur les marchés internationaux. Ainsi, à la différence du Moyen-Orient, de la Russie ou de l'Amérique du Sud, ces Etats ont mis en place des régimes fiscaux avantageux pour les investissements étrangers.

Cette caractéristique a attiré plusieurs majors (Exxon Mobile, Chevron Texaco, ENI, Total et Shell), ainsi qu'une myriade d'indépendants souvent nord-américains (Marathon et Anadarko). L'investissement est réalisé principalement au travers de joint ventures.

Un Eldorado encore inexploré
Le Nigeria et l'Angola sont les deux principaux producteurs de la région. Soyez attentif, les découvertes se multiplient depuis quelques années. Après le Congo, la Guinée Equatoriale et la Côte-d'Ivoire, le Ghana, où Barack Obama a effectué une visite, la République démocratique du Congo ont annoncé récemment des découvertes majeures.

Après la marée noire en Louisiane, les Etats-Unis pourraient bientôt renforcer leur présence sur ces marchés. Le Golfe constituerait un excellent plan de secours pour continuer à forer discrètement.

Une fausse note cependant : les risques politiques. Les deux producteurs de la région connaissent chacun des violences militaires liées ou exacerbées par leurs ressources pétrolières.


Par Florent Detroy

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