Ce fut la troisième semaine consécutive durant laquelle les cours se sont montrés hésitants. La fin de la semaine ayant quant à elle réservé une surprise avec à nouveau le plongeon du billet vert.
Pourtant, à croire que tout avait été orchestré à la perfection, la semaine avait commencé par un tir de barrage sur quelques pays membres de la zone euro par les agences de notation. La Grèce une fois de plus en était la cible principale, mais s’y ajoutaient également l’Espagne, l’Italie et la Belgique.
Tout concourait à ce que les projecteurs continuent à être braqués sur l’Europe, pendant qu’aux États-Unis avaient lieu à l’abri des regards les premières tractations entre majorité et opposition sur le relèvement du déficit budgétaire.
Les actifs à risque plongeaient donc en ce début de semaine, la monnaie unique emportant la palme de la descente la plus marquée, pendant que le dollar américain poursuivait sa légère remontée.
Mais voilà, un trublion avait décidé de venir saboter ce scénario pourtant bien huilé.
La Chine a déclaré se porter acheteuse des obligations européennes et notamment de celles du Portugal.
Coup de tonnerre sur les marchés financiers alors que beaucoup se ruaient déjà à la vente sur l’euro et les actifs à risque.
Coup politique de la Chine ? Sans aucun doute, en délivrant deux messages.
Le premier explicite, vis-à-vis de la zone euro, expliquant à celle-ci qu’elle pouvait compter sur l’aide de la Chine pour prendre en charge une partie de sa dette.
Le second implicite, vis-à-vis des États-Unis, confirmant qu’elle se désintéressait des obligations américaines.
Messages très importants quand on sait qu’ils ont été délivrés par le pays possédant les plus gros excédents commerciaux et les plus grosses réserves de change de la planète.
Mais c’est également une décision économique de première importance.
En optant pour une diversification de ses réserves de change un peu plus orientée vis-à-vis de la zone euro, la Chine fragilise encore plus la dette américaine. Qui va donc continuer à financer le déficit américain ?
S’il n’y a plus la Chine, qui confirme ce qu’elle ne faisait plus depuis quelques mois déjà, s’il n’y a plus le Japon occupé à sa reconstruction et dégradé à nouveau par les agences de notation, il reste les producteurs pétroliers et la planche à billets de la FED.
Que feront les producteurs pétroliers ? Vont-ils continuer à vendre le pétrole exclusivement en dollar, alors que celui-ci se déprécie de semaine en semaine ? Le QE2 arrivant à échéance en juin va-t-il trouver un prolongement sur le second semestre 2011.
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