Les mauvaises nouvelles ont afflué la semaine passée sur le front économique. Et les organismes officiels, (FMI, OCDE,…) sont bien forcés aujourd’hui d’admettre l’évidence et de revoir à la baisse leurs prévisions.
Il s’est confirmé que le Japon serait probablement en récession économique dès le 2ème semestre 2011, alors que certains prévoyaient il y a quelques semaines encore que les chantiers de reconstruction doperaient la croissance japonaise sur la fin de l’année.
Les exportations chinoises diminuent, l’indice s’étant replié le mois dernier, ce qui est le signe d’un ralentissement de la consommation mondiale, et le match est ouvert entre ceux qui prévoient un atterrissage brutale de l’économie chinoise et ceux qui ne voient pour le moment que le signe d’un léger ralentissement.
Et ce n’est pas l’absence de statistiques économiques de premier plan émanant des États-Unis la semaine passée qui fait oublier que la croissance économique américaine subit un tassement important.
Si nos recommandations à la baisse sur les indices boursiers se sont révélées payantes, ces derniers ayant largement décroché, il n’en a pas été forcément de même sur les monnaies.
Compte tenu de l’impasse dans laquelle se trouvent les États-Unis vis-à-vis de leur exercice budgétaire à court terme, et de leur dette souveraine démesurée à plus long terme, la baisse du billet vert semblait inéluctable.
Cependant, ce fut loin d’être le cas la semaine passée, ce dernier s’étant même renforcé. Alors que nombreux commencent à penser que les États-Unis pourraient être en défaut de remboursement à partir de début Août de cette année et que les agences de notations sonnent le tocsin, le dollar américain a progressé contre toutes les autres monnaies, les monnaies à risque en premier lieu, mais plus surprenant encore contre les monnaies refuges et les métaux précieux dont l’once d’or fin.
Qu’est-ce qui a pu pousser ainsi à la hausse le billet vert ? Les multiples rebondissements dans les voies de règlement de la dette grecque ? Les tensions qui sont de plus en plus vives au Moyen Orient, que ce soit au Yémen ou en Syrie ? De nouvelles tensions militaires apparues en Mer de Chine ? L’annonce d’une probable hausse des taux d’intérêt en zone euro au mois de juillet ?
Il s’agit plutôt d’un manque d’imagination des banquiers centraux, prisonniers d’un système largement mis en place par les États-Unis et toujours contrôlé par eux.
De l’aveu de certains, ils n’ont pas d’autres choix que de placer leurs réserves de change dans les obligations américaines.
Pourquoi ? Parce que celles-ci sont notées comme les plus sûres au monde. Et qui attribuent ces notes ? Nos trois compères Standard & Poors, Moody’s et Fitch, tous trois américains.
Et que si un des banquiers centraux décidait de placer ses réserves ailleurs, il devrait justifier d’avoir choisi un autre placement que celui considéré comme le plus sûr, en cas de non remboursement ou de remboursement partiel.
En plaçant américain, notre banquier central est couvert, même en cas de non remboursement, et c’est certainement là l’essentiel pour lui.
Ceci étant, notre banquier central n’a aucune alternative aujourd’hui. Le yuan chinois n’est pas convertible, l’euro est sous la pression des dettes souveraines de plusieurs de ses états membres, pression constamment renforcée par les agences de notation, et le yen japonais est pour le moment peu recherché compte tenu des difficultés économiques que connaît le Japon.
Restent le franc suisse, les dollars néo-zélandais australien et canadien et les monnaies nordiques.
Cependant, la surface économique des pays concernés ne peut constituer qu’une alternative d’appoint pour les banquiers centraux.
Il n’y a donc pas d’échappatoire possible. Tous nos banquiers centraux savent qu’ils vont dans le mur en continuant d’acheter des obligations américaines et donc du dollar. Mais c’est ainsi.
Jusque quand ?
Peut être jusqu’au prochain FOMC, mais celui-ci n’a pas encore lieu la semaine prochaine.
C’est l’économie chinoise qui sera en vedette en début de semaine, avec dimanche 12 juin l’évolution de la masse monétaire.
Après un lundi 13 juin sans grand relief, les statistiques importantes commenceront à sortir le mardi 14 juin.
La Chine fera état de son inflation, de ses ventes de détail et de sa production industrielle du mois de mai 2011. De bons indicateurs pour confirmer ou non le ralentissement de la croissance chinoise.
Les chiffres de la production industrielle japonaise pour le mois d’avril attendus à -14% devraient également retenir l’attention des investisseurs.
Plus tard à l’ouverture des bourses européennes, c’est la Grande Bretagne qui publiera les chiffres de son inflation, et encore plus tard nous aurons droit aux ventes de détail américaines.
Mercredi 15 juin, la Grande Bretagne exposera ses chiffres de l’emploi, la zone euro sa production industrielle, les États-Unis son inflation pour le mois de mai ainsi que diverses statistiques concernant le marché de l’immobilier.
Jeudi 16 juin, c’est de Nouvelle-Zélande que nous viendront les statistiques de production industrielle. La Chine exposera ses prévisions économiques.
Après la production industrielle helvétique, la Banque Nationale Suisse nous fera part de son relevé de taux d’intérêt attendu sans changement à 0,25%.
Seront publiés par la zone euro les chiffres de l’inflation pour le mois de mai qui conforteront ou pas la perspective d’une augmentation de taux à 1,50% en juillet par la BCE.
Les États-Unis publieront à nouveau des statistiques sur l’immobilier ainsi que les premiers indices d’activité.
Vendredi 17 juin, la zone euro fera état de sa balance commerciale, et la BCE publiera son rapport économique pour le mois de juin, tandis que l’université du Michigan publiera l’indice de confiance des consommateurs américains.
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Bonne semaine de trading à toutes et à tous.
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