C'est le chaos sur les marchés. Un coup ils s'envolent, le lendemain ils s'effondrent ; au gré des nouvelles, des rumeurs, et de la psychologie des investisseurs.
Un bon conseil : donnez-vous les moyens de décrypter "la psychologie" des marchés. De mesurer le degré de dangerosité du marché. C'est essentiel pour protéger votre capital.
Vous devriez le faire dès aujourd'hui.
L'idée est assez simple
Plus l'inquiétude se renforce, plus la confiance se défile, plus le risque est grand. Il est alors urgent de réagir car votre capital est probablement en danger.
Si au contraire la confiance se réinstalle, la sérénité revient, le rally n'est pas loin. Et vous avez alors la possibilité de capter ce rebond pour le transformer en gains.
Reste à savoir comment évaluer le degré de dangerosité du marché.
Ne lâchez pas des yeux la tendance de ces quatre indicateurs
Ils sont vos meilleurs amis :
- L'or
- Les bons du Trésor américain
- L'indice VIX
- Le dollar
Maintenant, retenez ceci
Quand ces quatre indicateurs se donnent la main et se mettent à courir ensemble dans le même sens, celui de la hausse, il y a alerte rouge ! Vous savez que le marché est en train de devenir dangereux.
Jetons-y un oeil.
1. L'or est dans une configuration haussière
Prenez le pic historique de l'or dans les années 80.
Quel est son équivalent aujourd'hui, une fois neutralisé l'impact de l'inflation ? 2 000 $.
Il nous reste donc encore bien du chemin à parcourir pour revenir au pic historique. Ce n'est qu'une question de temps.
La tendance est haussière depuis 10 ans. Et sur les trois dernières années, le cours de l'once d'or est passé de 560 $ à 1 250 $. Regardez :
2. Les bons du Trésor américain : toujours plein nord
Comme vous pouvez le voir, ils sont également dans une tendance haussière. Quand les taux d'intérêt baissent, leurs cours grimpent.
A chaque crise de panique, les investisseurs se réfugient dans les bons du Trésor américain. Pourquoi ?
Parce que c'est le marché des emprunts d'Etat le plus large, le plus profond, le plus grand et le plus liquide qui soit. Il a une capacité d'absorption des "capitaux en mal de sérénité" qu'aucun autre marché n'a. Et même si les Etats-Unis sont endettés jusqu'au cou, ils restent, pour l'instant encore, une superpuissance.
Quand les choses vont mal, il n'y a que très peu de "havres de paix" vers lesquels les investisseurs peuvent se tourner. Les Treasuries en sont un.

3. Le VIX revient en force
C'est l'indice de la peur.
Lorsque le VIX grimpe, c'est que les investisseurs achètent des options pour protéger leur portefeuille contre le risque de chute des marchés et de perte en capital.
Plus il grimpe, plus la panique est palpable. Un VIX élevé va de pair avec un marché baissier.
Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il repart fortement à la hausse ces dernières semaines. Regardez :
4. Le dollar s'envole depuis plusieurs mois déjà
A chaque fois que les marchés actions voient rouge, le dollar grimpe. Pourquoi ?
Parce que les investisseurs américains rapatrient leurs capitaux (ils vendent leurs actifs libellés en euro, livre, yen et rachètent des actifs libellés en dollar, notamment les fameux Treasuries dont nous avons parlé).
Or pour l'instant, force est de constater que les investisseurs fuient les actifs libellés en euro, yen, livre... pour revenir sur le dollar. Regardez :
Le Dollar Index est l'évolution du cours du dollar contre un panier de monnaies (euro, livre, yen, franc suisse notamment).
Evolution du Dollar Index
En résumé :
En suivant de près ces quatre indicateurs, vous serez capable d'estimer le niveau de dangerosité et de stress du marché.
Plus le thermomètre monte vite et fort, plus il vous faudra être prudent.
Plus la fièvre baisse, plus il vous faudra aller de l'avant pour saisir les opportunités.
Et pour l'instant, la jauge est dans le rouge. Elle pourrait rougir davantage encore. Alors soyez prudents. Si vous êtes investis en actions et commos, rapprochez et suivez vos stop. Soyez réactifs.
Un peu d'or et de dollar en fond de portefeuille, par les temps qui courent, n'est sans doute pas une mauvaise idée.
En attendant, restez à l'écoute.
Isabelle Mouilleseaux



