Forexpros - Les options sur le brut ont connu un passage à vide ce vendredi, jugulant sa progression hebdomadaire après que la croissance américaine décevante ait ravivé l'angoisse d'un ralentissement de la demande du pays, tandis que les observateurs continuaient de guetter les évolutions de la crise de la dette souveraine de la zone euro et des tensions entre l'Iran et l'Occident.
Sur le marché aux matières premières de New York, les contrats sur le pétrole à échéance pour mars se sont échangés à 99.71 USD le baril à la clôture des échanges de fin de semaine, gagnant tout de même 2.1% au cours de celle-ci, la seule positive des trois dernières écoulées.
Ils avaient auparavant plongé tout les 100 USD ce jour-là après que des chiffres officiels aient montré que l'économie américaine avait connu une croissance décevante lors des trois derniers mois de l'année 2011.
Le département d'état au commercu des Etats-Unis a en effet signalé que le produit intérieur brut national avait progressé de 2.8% au cours de la période de trois mois achevée avec le mois de décembre, son rythme le plus rapide depuis un an et demi, en grande partie grâce à la reconstitution des stocks, mais tout de même inférieur aux 3% envisagés par les experts.
La banque centrale des Etats-Unis avait pour sa part revu mercredi à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année pour se situer entre 2.2 et 2.7%, contre 2.5 à 2.9% envisagés en novembre.
Les Etats-Unis restent les premiers consommateurs de pétrole au monde, avec près de 22% de la consommation de la planète.
Les dégâts ont toutefois été limités par le large affaiblissement de l'étalon américain, qui tend naturellement à tirer vers le haut les contrats libellés avec, l'indice dollar, reflétant les performances du billet vert par rapport à un panier constitué de six de ses principaux rivaux, glissant de 1.98% de son côté pour se situer à 78.94 en fin de semaine, sa plus faible valeur depuis le 9 décembre.
Les acteurs du marché pétrolier gardaient les yeux sur les disputes entre les pays occidentaux et l'Iran, dont les médis ont affirmé que le parlement national envisageait de prendre l'Europe de vitesse en cessant d'exporter vers elle dès la semaine prochaine.
L'Union Européenne avait effectivement annoncé le 23 janvier qu'elle interdirait les importations qui en proviennent à partir du premier juillet, afin d'inciter la nation perse à abandonner son programme nucléaire.
le pays demeurant le quatrième extracteur mondial, avec près de 5% de la production mondiale en 2010, et la menace d'une perturbation importante de ses livraisons a contribué à tirer maintenir des cours élevés ces dernières semaines.
Evangelos Venizelos, le ministre des finances grecques, a pour sa part affirmé vendredi qu'Athènes était à l'orée d'un accord qui impliquerait une diminution de 100 milliards d'euros du fardeau de son surendettement.
Celui-ci est indispensable pour que le pays puisse bénéficier de la prochaine tranche d'aides de secours et ainsi éviter un manquement à ses engagements souverains, en raison de son incapacité à rembourser les 14.5 milliards d'euros de bons du trésor arrivant à échéance le 20 mars.
La monnaie unique a fait peu de cas de la dégradation par l'agence Fitch Ratings des notations de l'Italie, de l'Espagne, de la Belgique, de Chypre et de la Slovénie, les accusant de manquer de flexibilité financière face à la crise de la dette régionale.
Elle a toutefois laissé celles de l'Irlande, mais aussi de la France et de l'Allemagne, les deux plus gros membres de la zone euro, intactes.
L'évolution de la situation européenne a dominé ces derniers mois la tonalité des échanges sur le marché pétrolier, en raison de la crainte que le problème du surendettement régional ne déclenche un ralentissement économique général pouvant freiner la demande.
Les cours avaient culminé jeudi à un pic hebdomadaire à 101.37 USD du baril après que Ben Bernanke, président de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, ait conforté l'hypothèse selon laquelle les taux d"intérêt ne remonteraient pas avant la fin 2014, et laissé entendre qu'une troisième série d'assouplissements monétaires pourrait avoir lieu.
Sur le marché ICE, les futures Brent sur le brut pour mars ont gagné 1.8% pour grimper à 111.62 USD du baril dans le même temps, soit 11.91 USD de mieux que leurs homologues américaines.
Les observateurs guetteront la semaine prochaine l'évolution de la situation grecque, ainsi que les progrès réalisés lors de la réunion de l'Union Européenne à venir.
Les Etats-Unis publieront de leur côté des informations concernant l'activité des secteurs secondaire et tertiaire, et les chiffres du nombre des salariés prévus pour vendredi seront un indicateur fiable du rétablissement du marché de l'emploi.
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